Les maladies parodontales augmentent le risque de maladies chroniques

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Les maladies parodontales augmentent le risque de maladies chroniques

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Dans l’une des plus grandes études épidémiologiques de nos jours, des chercheurs du Royaume-Uni ont découvert que les patients ayant des antécédents de maladie parodontale sont plus à risque de développer d’autres maladies, tels que des troubles mentaux. (Image: Kasama Kanpittaya/Shutterstock)
Dental Tribune International

By Dental Tribune International

jeu. 3 février 2022

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BIRMINGHAM, Royaume-Uni: Dans une récente étude, des chercheurs de l’université de Birmingham ont examiné les dossiers de patients ayant des antécédents de maladies parodontales, dont la gingivite et la parodontite. Ils ont établi un lien entre les maladies parodontales et les maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, cardiométaboliques, auto-immunes ou encore les troubles mentaux. Cette étude souligne la nécessité d’améliorer la communication entre le personnel médical et dentaire, afin de minimiser le risque d’apparition de maladies.

Cette étude a été financée en partie par le centre MRC Versus Arthritis CMAR (Centre for Musculoskeletal Ageing Research), basé à l’université de Birmingham et soutenu par le NIHR (National Institute for Health Research) Birmingham BRC (Biomedical Research Centre).

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les dossiers de 64 379 patients ayant des antécédents de maladies parodontales enregistrés, dont 60 995 patients atteints de gingivite et 3 384 de parodontite. Les dossiers des patients ont ensuite été comparé à ceux de de 251 161 patients n’ayant pas d’antécédents de maladies parodontales, afin d’établir combien de patients souffrants de maladies parodontales et combien de patients non atteints de ces pathologies développent des maladies cardiovasculaires, cardiométaboliques, auto-immunes et des troubles mentaux, tels que la dépression, l’anxiété et d’autres pathologies mentales graves, sur une période moyenne de trois ans.

Maladie parodontale et morbidité accrue des maladies chroniques

Les résultats ont fourni des données déterminantes permettant de confirmer et de renforcer le lien entre les maladies parodontales et d'autres maladies chroniques, notamment les troubles mentaux.

D’après ces données, les patients ayant des antécédents confirmés de maladie parodontale au début de de cette étude avaient en moyenne deux fois plus de risque de développer une pathologie mentale, avec un taux de 37%. Par ailleurs, 33% des patients avaient un risque accru de développer une maladie auto-immune, 18% étaient plus à risque de développer une maladie cardiovasculaire et 7% plus à risque de souffrir d’un trouble cardiométabolique. Parmi ces derniers, le risque de développer un diabète de type 2 était nettement plus élevé, avec un taux de 26%.

Le co-auteur Dr Joht Singh Chandan, conférencier clinique académique du NIHR en santé publique basé à l’Institut de Recherche Appliquée sur la Santé de l’Université de Birmingham, a commenté cette étude dans un communiqué de presse : « Une mauvaise santé bucco-dentaire est un problème extrêmement courant, tant au Royaume-Uni que dans le reste du monde. » Il a ajouté : « Lorsque la  santé bucco-dentaire dégénère, elle peut entraîner une réduction substantielle de la qualité de vie. Cependant, jusqu’à présent, on ne possédait que peu de connaissances concernant le lien entre une mauvaise hygiène bucco-dentaire et de nombreuses maladies chroniques, notamment les troubles mentaux. »

Le Dr Chandan a également expliqué que la prévalence des maladies parodontales est relativement élevée et que le fait que ces dernières puissent augmenter le risque de développer d’autres maladies chroniques constitue une problématique majeure de santé publique.

Le Professeur Krish Nirantharakumar, auteur de référence de l’Institut de Recherche Appliquée sur la Santé de l’Université a fait remarquer que, d’après ces résultats, il est absolument indispensable d’établir des relations entre le personnel médical et dentaire : « Une conséquence majeure de nos résultats est la nécessité d’une communication efficace entre les dentistes et les autres professionnels de santé, afin de garantir que les patients obtiennent un plan de traitement efficace visant à la fois la santé bucco-dentaire et la santé en général, dans le but d’améliorer leur santé et de réduire le risque de maladies ultérieures.

Cependant, cette étude n’est qu’une parmi tant d’autres à associer les maladies parodontales avec d’autres maladies, et ses résultats renforcent l’importance de la prévention, du diagnostic précoce et du traitement de la parodontite.

Les maladies parodontales comme facteur de risque d’arthrose

D’après le Global RA Network, plus de 350 millions de personnes souffrent d’arthrite au niveau mondial. Le National Health Service a déclaré qu’au Royaume-Uni, plus de dix millions de personnes souffrent d’arthrite ou d’une maladie similaire affectant les articulations et que les deux types d’arthrite les plus courants sont la polyarthrite rhumatoïde et l’ostéo-arthrite. Comme indiqué précédemment, un tiers des patients souffrant de maladies parodontales dans l'étude se sont avérés plus à risque de développer de l'arthrite, une révélation que la Dr Caroline Aylott, cheffe du département de recherche à Versus Arthritis, juge comme plutôt alarmante.

« Certains des plus grands enjeux de l’arthrite, notamment les maladies auto-immunes, telles que la polyarthrite rhumatoïde (PR) qui touche 400 000 personnes au Royaume-Uni, est de savoir qui est le plus à risque de la développer, et de trouver ainsi des moyens de prévenir son apparition » a-t-elle commenté dans un communiqué de presse.

D’après la Dr Aylott, les études précédentes avaient constaté que les personnes souffrant de PR étaient quatre fois plus à risque de développer une maladie parodontale que les personnes non atteintes de cette maladie, et que la manifestation de la maladie était généralement plus sévère. C’est pour cette raison qu’elle préconise aux professionnels de santé d'être attentifs aux signes précoces de la maladie parodontale chez les patients, et d'envisager une approche plus holistique pour les traiter.

L’étude, intitulée “Burden of chronic diseases associated with periodontal diseases: a retrospective cohort study using UK primary care data”, a été publiée en ligne le 19 Decembre 2021 dans BMJ Open.

 

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